Une expérience de groupe lorsque le silence est présent.
Ce groupe se rencontre deux heures par mois pour entrer dans une autre dimension de la parole qui se dit, dans un dialogue entre parole et silence.
Silence...en relation les uns avec les autres.
Une Présence ou qualité de silence s'installe.
Du silence, émergent des mots, peu à peu, comme un tableau se réalisant lentement...
Ces mots qui viennent sont pour nous comme un "enseignement" qui se construit dans le partage des expériences intérieures, à la recherche de mots authentiques.
Ce soir, vient la question de la peur :
La peur trouble, obscurcit. Quand il y a peur, il ne peut y avoir l'amour. Pourtant, la peur semble une expérience fondamentale, essentielle, profondément ancrée dans nos vies humaines.
La peur est liée à la conscience que j'existe, que je suis fragile, que je peux casser ou disparaître...peur de disparaître et désir de continuer à exister...La peur vient du décalage entre ce que je souhaiterais, ce que j'imagine, et ce qui existe : c'est le domaine des projections...La peur s'inscrit dans notre temps : projection du désir, elle se situe dans le futur ; souvenir d'expériences traumatisantes, elle se situe dans le passé.
Au moment présent de l'expérience précise et immédiate, il n'y a plus ni peur ni désir.
MAIS AUSSI :
A travers la peur, à travers la violence qu'elle suscite souvent, s'exprime le désir de vivre, et la beauté de la vie. La peur est inscrite dans notre réalité humaine : si je ne vois pas cette réalité, je ne peux pas non plus voir l'autre partie, l'expression divine...
Il me semble que lorsque le silence est présent, d'une manière ou d'une autre, les mots finissent par toucher quelque réalité humaine, profonde et universelle. Cela arrive aussi de temps en temps, dans les groupes de rencontre Centrés sur la Personne, sans que cela soit recherché. Mais il ne s'agit pas de n'importe quel silence.
Pour qualifier cette "atmosphère", certains participants parlent d'énergie. C'est comme un bain de silence, le ressenti d'une présence qui unifie et rassemble. Les mots prononcés touchent à l'essentiel : ils disent la Vérité, l'Unité, la construction commune, la Vie, l'Humanité.
Cette qualité de présence appelle à une mise en forme : ce peut être l'évocation d'une création artistique ou de pistes nouvelles pour avancer dans la résolution d'une difficulté, orienter autrement attitudes et comportements, ou changer de regard tout simplement.
Ces expériences m'amènent à réfléchir sur l'interaction entre les mots et le silence :
Que deviennent les mots lorsqu'une certaine qualité de silence est présente ?
Que devient notre écoute entre parole et silence ?
Josette
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Le silence, vaste programme, comme dirait l'autre....
RépondreSupprimerIl y d'abord le silence avec moi-même... quand je préfère ne pas mettre la musique sur ma chaîne, ne pas allumer la radio le matin... c'est être davantage présent à moi-même, plus à l'écoute de mes ressentis, de mes sentiments, de mes pensées qui surgissent.
Plus à l'écoute du monde qui m'entoure, de tous ces bruits divers, infimes ou grands, plaisants ou gênants, quelquefois intrusifs, qui habitent ou passent dans mon environnement.
Puis le silence avec l'autre... nous nous offrons ensemble ce temps de ressenti, et en même temps que je me ressens, je ressens l'autre. Avec mes propres lunettes, bien sûr, cette personnes va susciter en moi des choses qui ne lui appartiennent peut-être pas. Mais peut-être si... et si elle parle et que je reste silencieux, des mots seront mis, comme les pierres sur un chemin dans la brume, qui se construit au fur et à mesure qu'ils sont dits...
Je parlerai du silence fécond, qui permet l'émergence des mots de vérité, qu'on n'a jamais pu dire avant, et qui surgissent maintenant comme des oiseaux vers le ciel, parce qu'en face des personnes attentives, silencieuses et bienveillantes sont là.
On peut penser miracle, magie... mais au fond n'est-ce pas parce que ces conditions sont si peu ou jamais remplies dans notre société ? On n'en a pas l'habitude.
L'homme est fondamentalement un animal de groupe. Il n'y a pas si longtemps, dans les cavernes... Un fort soutien mutuel et une bonne communication devaient être vitales... On doit être faits, dans nos gênes, pour fonctionner comme ça.
Remplir le silence qui fait peur, parler de soi et tout à coup être bien dans ce silence qui est reconstituant.
RépondreSupprimerQuand le silence devient comme un état de conscience à peine différent de celui du quotidien...où tout est perçu par le corps/esprit..;difficile à expliquer ces sensations.
Partager ce silence avoir peur que celui ci ne soit pas acceptable...
Silence comme une dimension de l'être humain, tout peut se créer dans le silence. et moi qui sait cela il m'arrive pourtant d'avoir peur du silence de l'autre, encore un quelque chose de moi qui se manifeste, une volonté de ne pas laisser l'autre isolé. comment trouver en soi, l'espace sécurisant pour faire confiance à l'autre, aux autres ? Pouvoir accueillir ces peurs et cette fragilité, du silence peut naître les cauchemards ou le regard positif inconditionnel une fois que les peurs ont été écoutées...
Christine